L'Union européenne autorise officiellement le 19 Juin 2015 la commercialisation de 19 Organismes Génétiquement Modifiés

Processus et durée ferme

Aucune majorité ne s'étant dégagée pour la prise de décision, et les autorisations bloquées s'accumulant depuis plusieurs années, la Commission européenne a pris seule une décision ferme !

Le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a ainsi donné l' autorisation de commercialiser à l'importation 19 OGM. Cette autorisation prend effet de suite et reste valable pour une durée de 10 ans (renouvelable comme le prévoit la procédure en place).

Une autorisation qui ne convient pourtant pas à de nombreux pays et qui ne fait pas vraiment le bonheur des écologistes.

Greenpeace accuse d'ailleurs la Commission européenne de servir principalement les intérêts des américains.

S'agit-il d'une stratégie politique au profit de grands groupes?

Quels sont les produits concernés?

Onze sont produits par la multinationale américaine Monsanto leader mondial des OGM

Les huit autres appartiennent au groupe américain Dupont et aux allemands Bayer et BASF.

17 sont destinés à l'alimentation animale mais aussi humaine (colza, maïs, coton, soja notamment ) et 2 concernent les fleurs coupées (œillets).

Une révolution technologique ?

L'agriculture moderne exige de plus en plus de rendement.

En ce sens les organismes génétiquement modifiés permettent d'accroître la rentabilité en contrôlant le patrimoine génétique des plantes et en le modifiant pour lui permettre de lutter contre toute attaque extérieure tout en limitant l'utilisation de pesticides.

Ils prennent donc de plus en plus de place dans nos cultures et élevages, et ceci d'autant que quasiment toutes les plantes génétiquement modifiées sont des plantes à pesticide.

Quel recours?

Le bonheur des uns fait le malheur des autres; les écologistes, la France sont opposée à ces OGM qui suscitent aujourd'hui bon nombre de controverses.

La polémique est donc repartie.

La commission européenne a précisé par ailleurs que chaque état membre pourra en interdire l'utilisation sur son territoire.

Elle les autorise donc mais laisse le choix aux différents pays de la zone de les refuser.

Une décision qui semble contradictoire

Et les Verts contestent ce droit de regard, rappelant que les contrôles sont en effet difficiles à effectuer et peu efficaces.

l'EFSA peut-elle s'y opposer?

Le rôle de l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) est d’évaluer de manière scientifique tout risque que pourraient éventuellement présenter les OGM sur les êtres vivants et sur l’environnement.

Mais c'est la Commission européenne et les États membres en tant que gestionnaires de risques, qui donne le feu vert. Le rôle de l’EFSA est donc limité.

Un danger pour l'avenir?

Le débat est permanent puisque rien n'a été encore prouvé sur le long terme.

L'impact de ces organismes génétiquement modifiés serait négatif pour la santé de chacun, humain ou animal....mais l'incertitude persiste, nous manquons de recul pour en évaluer les conséquences en matière médicale.

Les experts mondiaux développent en permanence de nouvelles expertises sur les produits transgéniques pour évaluer les dangers sur la santé mais aussi sur l'environnement.

La promesse d'une plus grande productivité attire bon nombre d'investisseurs, les gains économiques et les intérêts en jeu sont importants . Et dans ce cadre commercial, les décisions se prennent au détriment du choix de chaque citoyen et aussi de l'environnement mondial et de la santé.

La biodiversité est elle-même en péril.

Quelle information au citoyen?

Aujourd'hui tout produit génétiquement modifié doit être étiqueté en tant que tel.

Mais la plupart de ces produits sont utilisés pour nourrir les animaux; et la législation n'impose pas de le mentionner sur les étiquettes des produits dérivés de ces animaux (viande, lait...).

Le consommateur mange donc des OGM sans le savoir vraiment.

Et qu'en est-il de la répartition de ces innovations permanentes pour une agriculture rentable? Ne risque-ton pas une distorsion de la concurrence dans le milieu agricole?